Démocratie numérique : les définitions clés

Par
Diana Martín
7/6/2023
15 minutes

Budget participatif, convention citoyenne, civic tech, communs numériques... Ces termes reviennent souvent, sans être toujours faciles à comprendre. Voici 20 définitions clés pour décoder la démocratie numérique et participative.

Dans cet article :

Budget participatif, convention citoyenne, civic tech, ou encore données ouvertes : ces termes reviennent souvent, sans qu'il soit toujours facile de les comprendre et de les utiliser. Décoder la démocratie participative implique d'en saisir les notions clés, à la fois théoriques et pratiques. Voici les définitions essentielles du domaine de la démocratie numérique et participative.

Les définitions à connaître

Budget participatif

De l'ancien français bougette, qui signifie un sac servant de bourse.

Il s'agit d'un processus de conception et d'affectation des finances publiques sur un territoire donné. En alliant participation et délibération, par le dépôt d'idées puis le vote, le budget participatif permet aux citoyens de prendre part activement à la vie de la cité en contribuant à une partie de l'allocation budgétaire. Une telle démarche permet de restaurer un lien de confiance entre élus et citoyens, en garantissant le respect des engagements pris par toutes les parties. Un budget participatif se conduit généralement en sept phases : conception, proposition, évaluation, faisabilité, liste des projets et vote, validation, puis réalisation.

Pour aller plus loin :

Civic Tech (ou Technologie civique)

De la contraction de l'anglais civic technology.

Il s'agit de l'ensemble des méthodes et outils technologiques mis au service des citoyens pour une démocratisation de l'espace public. Cela permet aux gouvernements d'être plus transparents et ouverts. L'outil technologique ne fait pas la participation à lui seul, mais il permet la mise en place d'initiatives participatives encourageant la concertation, la co-construction, voire la codécision entre élus et citoyens.

Pour aller plus loin :

Consultation citoyenne

Consultation vient du latin classique consultatio, qui désigne l'action de délibérer ou la question posée à quelqu'un. Citoyenne vient du latin civitas, le droit de cité.

Une consultation citoyenne est une démarche constituant un outil d'aide à la prise de décision publique. Une entité publique y recueille l'opinion ou l'expertise d'usage d'un groupe, ou de l'ensemble des citoyens, sur un sujet spécifique. Cette collecte d'opinion peut prendre la forme d'une enquête publique, d'ateliers, d'un appel à propositions, d'un jury de citoyens tiré au sort ou encore d'un sondage. Une consultation citoyenne se distingue de la concertation : elle n'engage pas nécessairement le débat et ne concourt pas directement à la décision finale.

Pour aller plus loin :

Commun numérique

Commun provient du latin communis, qui appartient à plusieurs ou à tous. Numérique est un dérivé savant du latin numerus, qui renvoie au terme nombre.

Un commun numérique constitue l'ensemble des ressources numériques (dématérialisées) qui sont produites et entretenues par une gestion collective. L'idée de commun implique une non-rivalité et une non-exclusion, qui rend l'usage d'une ressource non limitant pour les autres et non restreint à une communauté particulière. Un des atouts des communs numériques est la mutualisation de la conception, de la maintenance et des ressources.

Pour aller plus loin :

Community organizing (ou Organisation citoyenne)

Popularisé par Saul Alinsky.

Il s'agit d'un processus d'engagement et d'autonomisation visant à construire une organisation générant un contre-pouvoir et capable de transformer les institutions. Cette méthode est mise en œuvre dans une perspective de meilleure représentation, de promotion de la justice sociale et d'émancipation des classes populaires.

Pour aller plus loin :

Conseil de quartier

Conseil vient du latin consilium, un avis que l'on donne. Quartier vient du latin quartarius, qui représente une portion d'un objet.

Les conseils de quartier ont été rendus obligatoires dans les villes de plus de 80 000 habitants par la loi Vaillant, dite «démocratie de proximité», de 2002. Ils sont conçus comme un lieu d'échange, de réflexion, d'information et de débat, afin de faire le lien entre trois types d'acteurs : les équipes municipales, les fonctionnaires des services techniques et les différents groupes d'acteurs-usagers de la société urbaine.

Pour aller plus loin :

Convention citoyenne

Convention vient du latin conventio, l'action de se rencontrer, une réunion, une assemblée. Citoyenne vient du latin civitas, le droit de cité.

Une convention citoyenne est un dispositif participatif réunissant un panel représentatif d'un groupe donné et conduisant à une délibération. En alternant des phases de formation sur des sujets précis et des phases de délibération en groupes, les citoyens participants restituent collectivement des recommandations aux organismes de gestion en place. Le citoyen est ainsi considéré comme légitime à la fois pour établir un diagnostic et pour formuler des recommandations, dans la mesure où il est directement concerné par l'issue des décisions.

Pour aller plus loin :

Débat public

Débat, issu du verbe débattre, vient du latin battuere (battre, frapper). Public vient du latin publicus, qui concerne l'État.

Le terme de débat public désigne un sujet autour duquel différentes parties prenantes de la société discutent. Un débat public ne relève pas d'une organisation privée : il est accessible à tous. Il peut aussi répondre à l'appellation de débat de société. En France, la Commission nationale du débat public (CNDP), quand elle est saisie, peut organiser un débat public, qui fait alors partie intégrante du processus de la loi ; les citoyens peuvent confronter leurs opinions au maître d'ouvrage et lui poser des questions, lors de réunions publiques ou en ligne.

Pour aller plus loin :

Démocratie délibérative

Démocratie vient du grec ancien dēmokratía, combinaison de dêmos (peuple) et kratein (pouvoir). Délibérative vient du latin deliberare, l'action de discuter et débattre.

La notion de démocratie délibérative apparaît pour la première fois dans les écrits de Jürgen Habermas et de John Rawls. Elle désigne un idéal de gouvernement au sein duquel une décision est légitime si elle résulte d'une démarche préalable de délibération à laquelle toute personne concernée doit pouvoir prendre part. Dans les faits, elle se traduit par une discussion entre citoyens qui déterminent les arguments pertinents et écartent les autres, pour aboutir à un processus décisionnel fondé sur la délibération.

Pour aller plus loin :

Démocratie participative

Démocratie vient du grec ancien dēmokratía. Participative est emprunté au bas latin participatio.

Dans son expression la plus immédiate, la démocratie participative suppose la participation à la vie de la cité par une forme d'organisation dans laquelle la prise de décision est décentralisée, non hiérarchique et axée sur le consensus. Cette forme d'organisation est plurielle et couvre une diversité de réflexions, de conceptions et de pratiques politiques. Les pratiques participatives les plus répandues sont les budgets participatifs, les enquêtes publiques, les sondages, les assemblées citoyennes ou encore les conventions citoyennes.

Pour aller plus loin :

Données ouvertes

Donnée vient du latin datum (donner). Ouvertes provient du latin apertura.

Les données ouvertes sont le résultat de la mise à disposition de jeux de données, gouvernementales ou privées. Dans une perspective de transparence et de partage, ces données sont diffusées sous licence libre, ce qui les rend totalement accessibles, réutilisables et redistribuables.

Pour aller plus loin :

Éducation populaire

Éducation, tiré du latin, a une double origine : educare (nourrir) et educere (tirer hors de, conduire vers, élever).

L'éducation populaire, ce n'est pas «éduquer le peuple» : c'est une démarche qui vise à comprendre et analyser nos situations pour agir contre les inégalités sociales. Ce processus a pour objectif l'auto-organisation et la transformation des rapports sociaux.

Pour aller plus loin :

Expertise d'usage

Expertus, du latin experiri, désigne celui qui a fait ses preuves. Usage, du latin populaire usare, est dérivé du participe passé usus du latin classique uti (se servir de).

L'expertise d'usage se réfère au savoir et à la connaissance qu'un individu ou un collectif a acquis au cours de ses expériences et pratiques quotidiennes de son environnement. Il peut s'agir d'un savoir local, d'un savoir de terrain ou encore d'un savoir riverain, qui rend légitime et pertinente la participation du citoyen au processus décisionnel de l'action publique.

Pour aller plus loin :

Gouvernement ouvert

Gouvernement apparaît au XIIe siècle, à partir du verbe gouverner, issu du latin gubernare (tenir le gouvernail).

Le gouvernement ouvert est un mode de gouvernance ayant pour objectif de favoriser la transparence et la confiance démocratique. Les gouvernements s'ouvrent ainsi à de nouvelles formes de concertation, de collaboration ou de codécision, et encouragent la participation de la société civile. La transparence de la procédure, via la disponibilité des données et des informations, accompagne cette volonté d'ouverture.

Pour aller plus loin :

Ingénierie de la concertation

Ingénierie vient du latin ingenium, de la même racine que le mot italien génie.

L'ingénierie de la concertation intègre un processus de concertation en plusieurs phases, associant acteurs locaux, usagers et citoyens. À l'aide d'outils et de méthodes soutenant les phases de préparation, d'animation et d'évaluation, elle vise à instaurer le dialogue et à définir des objectifs et des solutions pour l'action collective.

Pour aller plus loin :

Logiciel libre

Dérivé de logique, avec le suffixe -iel, par opposition à matériel ; le mot a été choisi pour traduire l'anglais software. Libre vient du latin lībĕr.

Le mouvement du logiciel libre a été initié par la Free Software Foundation (Richard Stallman) en 1984. Pour être considérée comme libre, la licence d'un logiciel doit garantir quatre libertés fondamentales : la liberté de l'utiliser, de le copier, de l'étudier et de le modifier ou de redistribuer ses versions modifiées. Un logiciel libre est nécessairement open source, mais la réciproque n'est pas toujours vraie.

Pour aller plus loin :

Mini-public

Du latin publicus, qui concerne l'État, qui intéresse le public.

La notion de mini-public est empruntée à Robert Dahl, qui évoque dans son ouvrage Democracy and its Critics (1989) l'idée de minipopulus comme complément démocratique, voire comme alternative aux procédures classiques de représentation. Un mini-public désigne une assemblée ou un jury de citoyens ordinaires, sélectionnés de manière aléatoire, dont l'objectif est de rendre un avis, de proposer une solution à un problème politique ou même de prendre une décision, en délibérant et en décidant au nom du grand public qu'il représente.

Pour aller plus loin :

Open source

La désignation open source a été suggérée par Christine Peterson du Foresight Institute, afin de lever l'ambiguïté du mot anglais free software, qui signifie libre au sens de liberté, mais aussi gratuit.

D'abord appliqué au développement logiciel, l'open source désigne aujourd'hui un mouvement s'appuyant sur les valeurs et le modèle de production décentralisée basé sur la collaboration, l'examen par les pairs et l'accessibilité des données. Attention : open source n'est pas synonyme de gratuité, seuls l'accès et la modification du code sont permis ; l'open source rend par ailleurs possible la combinaison de logiciels propriétaires et de logiciels open source.

Pour aller plus loin :

Participation citoyenne

Du bas latin participatio, -onis, substantif apparu vers 1175 avec la signification de l'action d'avoir part, de participer à.

La participation citoyenne consiste à donner la parole aux citoyens à travers des débats et des concertations, dans le but de partager et d'échanger avec les élus. C'est l'ensemble des démarches qui permettent d'associer les citoyens à l'action publique.

Pour aller plus loin :

Plateforme de démocratie numérique

Plateforme est un mot composé de plate et forme. Démocratie vient du grec ancien dēmokratía. Numérique est un dérivé savant du latin numerus (nombre).

Comprise dans l'ensemble des technologies de l'information et de la communication, une plateforme de démocratie numérique est destinée à des organisations ou institutions publiques ou privées. Sans être un solutionnisme technologique, elle intervient en complément de dispositifs démocratiques déjà en place. Elle permet l'organisation et la réalisation de processus participatifs tels que des budgets participatifs, des conventions citoyennes, des consultations ou des pétitions.

Pour aller plus loin :

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Diana Martín

Diana is the Content Marketing Specialist at Go Vocal

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